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L’éconavigation, un concept en vogue Article L’éconavigation, un concept en vogue Rejets d’hydrocarbures, peintures anti-salissures, traitement des bateaux hors d’usage, mais aussi comportements des plaisanciers et autres navigateurs… les sources de pollution des océans sont multiples. Une prise de conscience s’instaure parmi les acteurs du monde maritime et aujourd’hui des initiatives visant à limiter ces pollutions prennent forme. Elles se rangent sous le concept d’éconavigation. Eclairage.

Vendredi 5 mars, l’auditorium de la Macif, à Paris, accueille les participants d’une journée thématique consacrée aux « bateaux du futur » organisée par le Réseau Econav, partenaire de la Fondation Macif. Derrière ce titre digne d’un film de science fiction, se dissimule, en réalité, la promesse d’échanges autour d’un thème d’actualité : l’éconavigation.

L'éconavigation : qu'est-ce que c'est ?

Dans le même esprit que l’éco-habitat ou l’écotourisme, l’éconavigation propose aux usagers et acteurs économiques de la mer des alternatives écologiques pour la construction, l’utilisation, l’accueil et la fin de vie des bateaux de pêche, de plaisance, de transport et de service. Une démarche qui rencontre un réel engouement et qui a vu officiellement le jour en octobre 2007, avec les 1ères rencontres de l’éconavigation à Douarnenez. Son origine ? Un constat simple : la mer est un milieu naturel particulièrement sensible qu’il est vital de préserver, et dont dépend l’avenir de nombre d’acteurs maritimes : pêcheurs, gestionnaires de ports, industriels… mais aussi touristes et plaisanciers avec 9 millions de pratiquants occasionnels ou d’aficionados des loisirs nautiques et 470 ports de plaisance, en France !

La naissance d'un réseau de l'éconavigation : EcoNav

A l’occasion d’une étude commandée en 2006 à l’association De Navigatio, émerge une réelle volonté d’améliorer la situation : « nous avons rencontré des scientifiques, des universitaires, des chantiers, des équipementiers, des responsables associatifs, des gestionnaires de ports, des élus, des navigants…, nous raconte Hervé La Prairie, président du Réseau Econav, et ce qui nous a vraiment surpris, c’est que les gens étaient extrêmement ouverts à cette idée de rechercher des matériaux et produits moins impactant pour l’environnement, de consommer moins d’énergies fossiles, de comptabiliser le bilan carbone. »

En réponse à ces attentes se crée, en 2007, le Réseau Econav, afin de fédérer le maximum d’acteurs du monde maritime autour de l’éconavigation. Réservoirs de stockage des eaux noires, peinture anti-salissures plus écologiques (revêtement permettant de protéger la coque du bateau des algues et autres organismes marins) et coques de bateaux recyclables, motorisation électrique ou encore capteurs d’hydrocarbures dans les eaux de cales afin d’éviter leur rejet en pleine mer… les innovations ne manquent pas. Mais celles-ci restent amplement dépendantes des soutiens financiers accordés à la recherche et au développement dans ce domaine. Et si 80% de la pollution maritime est d’origine terrestre, les 20% restant, issus directement des activités maritimes, méritent d’être analysés et traités au regard d’EcoNav.

Ambition poursuivie ? Créer un écolabel

Récemment, le Grenelle de la Mer se positionnait en faveur d’une navigation, d’infrastructures portuaires et de bateaux plus propres mais : « les évolutions règlementaires peuvent prendre 5 ou 10 ans, évalue Hervé La Prairie. Je crois beaucoup à l’initiative des professionnels du secteur. C’est pourquoi, nous poussons à une règlementation privée volontaire et innovante valorisée par un écolabel. Cette longueur d’avance sera quoiqu’il en soit un réel atout pour les entreprises. »

Une ambition poursuivie par le Réseau Econav et ses adhérents, parmi lesquels la Macif.

Sur la photo, ci-dessus : le P’tit mousse. Ce bateau de pêche est équipé de voiles, une économie de 20% de gasoil pour son propriétaire, Jean-Luc Pelloquin, patron pêcheur de Douarnenez. Crédits : DR

Avril 2010