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 Energies renouvelables : où en est-on ? Article Energies renouvelables : où en est-on ? Parfois décriées pour leur développement coûteux ou le manque de concertation dans les programmes d’installation, les énergies renouvelables restent cependant présentées comme l’une des rares alternatives face au changement climatique et la à rareté des combustibles fossiles. Alors, concrètement, qu’en est-il ?

Energies renouvelables, une industrie sous perfusion ? C’est la critique régulièrement entendue ces derniers temps dans les médias. En ligne de mire : le photovoltaïque, responsable, selon ses détracteurs, d’une augmentation de 4% des tarifs réclamés par EDF. L’accusation ne fait pourtant pas consensus : les professionnels du secteur dénoncent des erreurs de calcul. Le CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables) rétablit la balance en estimant à 0,75% le surcoût généré par le photovoltaïque. Le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) estime, quant à lui, que le financement des énergies renouvelables pèse pour seulement 24% de la contribution au service public de l’électricité (taxe forfaitaire appliquée sur la facture d’énergie du consommateur).

Des filières sans combustibles

Une chose est sûre, notre facture d’énergie augmente. Mais les acteurs de l’énergie entrevoient de nombreuses autres raisons à cela. « Le prix de l’unité d’énergie, que ce soit le carburant, le gaz, ou l’électricité, est train de grimper. La demande mondiale augmente, les ressources se font de plus en plus rares et leur exploitation en est, de fait, de plus en plus coûteuse.  » nous explique Pierre Radanne, conseiller et expert en politiques énergétiques.

Ce constat en amène un autre : notre dépendance énergétique. C’est le point faible des industries à combustibles : gaz, charbon, pétrole, uranium… 87% de notre énergie est importée. Face à cela, les énergies renouvelables constituent une réelle alternative : « elles ne dépendent pas de l’extraction, de la production ou de l’importation d’un combustible » souligne Julien Noé, directeur adjoint d’Enercoop, une coopérative d’énergies renouvelables. Elles ne sont pas non plus « indexées sur la colère du monde » selon la formule de Pierre Radanne : les prix des énergies renouvelables ne fluctuent pas au gré des humeurs du marché et des conditions géopolitiques des pays exportateurs… au contraire des autres énergies.

Réduire la dépendance énergétique et créer des emplois

Solaire photovoltaïque et thermique, éolien, hydroélectricité, géothermie et biomasse seraient donc des industries d’avenir, mais des industries qui restent à installer. La France est aujourd’hui dépendante à 78% du nucléaire, le fait d’une politique industrielle conduite depuis l’après-guerre, qui permet des tarifs d’électricité avantageux en comparaison des autres pays européens. Cet argument ne fait pas le poids, pour les promoteurs des énergies renouvelables, face aux risques encourus avec l’exploitation du nucléaire. Outre la question de la dépendance énergétique et de l’instabilité des prix, la question de la sécurité est désormais dans toutes les têtes : « Tchernobyl et Fukushima ont eu lieu. Nos amis japonais vont se retrouver avec un territoire sanctuarisé, inaccessible. Une catastrophe nucléaire a une portée temporelle que les autres filières du secteur énergétique n’ont pas, rappelle Pierre Radanne. La France, seul pays engagé fortement dans le nucléaire, n’a pas eu d’accident grave, mais est-ce que cela va durer ? »

En outre, les nouvelles normes internationales de sécurité demandées à l’industrie de l’atome et la nécessité de renouveler un parc nucléaire vieux de près de 40 ans impliquent un investissement financier considérable. Cet investissement ne serait-il pas mieux mis à profit dans le développement des filières d’énergies renouvelables ? C’est ce que pense Pierre Radanne : « En 2010, 50 milliards d’euros étaient dépensés pour acheter du pétrole, du gaz, du charbon, de l’uranium à l’étranger. Et pourtant, nous vivons une crise économique et financière, le chômage est en constante augmentation. Les énergies renouvelables sont une solution à la fois pour réduire la dépendance énergétique du pays et créer des emplois. »

Concertation locale vs « installations sauvages »

Enercoop en France, Vents d’Ouyet et Ecopower en Belgique, Greenpeace Energy en Allemagne : ces quatre coopératives d’énergies renouvelables ont en commun la prise en compte des populations concernées par le développement de l’activité du renouvelable. Les attitudes commerciales agressives de certains entrepreneurs ont, en effet, amené certaines populations locales à fermement s’opposer à l’implantation d’éoliennes sur leur territoires. Un autre modèle est pourtant possible : « Enercoop est une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). L’ensemble des acteurs de la chaîne, de la production à la consommation, sont sociétaires et participent aux décisions de la structure, telles que la définition du prix de l’énergie. » explique Julien Noé.

En Belgique, Vents d’Houyet prône la concertation locale en incitant les habitants concernés par un projet éolien à se réunir dans une coopérative afin de faire valoir leur opinion et permettre ainsi la juste répartition des bénéfices engrangés par la production d’électricité entre l’opérateur, la collectivité locale et les habitants. Un autre avenir énergétique semble ainsi se dessiner : transparent, démocratique et plus respectueux de l’environnement.

Cérdits photos : J. Rauhut

 

Juin 2011