« Réfléchir à la navigation de demain »
C’est en travaillant sur un projet d’archéonavigation (reconstruction de bateaux anciens), que De Navigatio, association crée en 2002, conduit une réflexion sur ce qu’elle dénommera plus tard l’éconavigation. « Nous souhaitions réfléchir à la navigation de demain, à diminuer notre impact sur l’environnement, à l’après pétrole » raconte Hervé La Prairie, président d’EcoNav et militant écologiste de longue date.
Naît alors, en 2007, un collectif qui recense rapidement une centaine de membres regroupant des Organisations Non Gouvernementales, parmi lesquelles la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme ou encore la Surfrider Foundation Europe, partenaire de la Fondation Macif, mais aussi des institutions publiques (l’Agence des aires marines protégées, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie (ADEME), l’Université Bretagne Sud, le Pôle Mer Bretagne…), des professionnels de la navigation (des comités de pêche, des chantiers, des architectes navals, des équipementiers, des gestionnaires de ports…) et des personnalités engagées telles que les navigateurs reconnus Philippe Poupon et Catherine Chabaud. Ce collectif se baptise « Réseau EcoNav », pour éconavigation.
Mutualiser les compétences du monde maritime
Les objectifs de ces professionnels et acteurs du monde maritime ? Militer pour que le respect de l’environnement soit au centre des décisions prises dans les différents secteurs (pêche, marine marchande et marine nationale, plaisance…) et inciter usagers et professionnels à promouvoir et à développer des solutions plus propres pour l’avenir. Des ambitions difficiles à atteindre sans un réel rassemblement de ses acteurs, nous explique Hervé La Prairie. « Si on veut imaginer une navigation propre mais aussi des bateaux éco-conçus et des ports exemplaires pour demain, il faut mutualiser toutes nos compétences, réfléchir ensemble pour pouvoir aller plus vite et plus loin. Il n’y avait pas, jusqu’alors, d’initiatives en ce sens, et c’est pour cette raison que ceux qui souhaitent se retrousser les manches et favoriser un vrai développement durable nous rejoignent. »
Une volonté de changement qui se concrétise par les missions, nombreuses, menées par le Réseau Econav. Outre la sensibilisation de l’ensemble de la filière nautique et navale et l’évaluation de l’impact des différentes activités maritimes sur l’environnement, EcoNav recherche des solutions pour y remédier et met en exergue les projets déjà existants en incitant, notamment, à davantage d’investissements dans la recherche et le développement. Cette dernière mission tend, en effet, à surmonter l’un des obstacles majeurs de l’éconavigation, à savoir son financement. « Dans les deux prochaines années, nous pourrons évaluer dans quelle mesure les projets proposés seront ou non financés, soit par l’Europe, soit par le privé. S’il n’y a pas une dynamique financière, les choses évolueront, de fait, plus lentement commente Hervé La Prairie. Si on a une organisation crédible, forte et reconnue, EcoNav pourra, de fait, peser sur les financements octroyés à la recherche dans ce domaine. »
Un cahier des charges de l’éconavigation
Les évolutions règlementaires, souvent plus longues à se mettre en place, apparaissent, néanmoins, dans la ligne de mire des partisans de l’éconavigation : « la politique et les règlementations suivent l’opinion publique et parallèlement la demande sociétale s’oriente de plus en plus vers un respect de l’environnement et de la santé des gens qui travaillent. Nous devons y répondre en innovant, en anticipant. »
Une réponse qui se traduit notamment par l’élaboration d’un cahier des charges de l’éconavigation. Un projet que soutient la Fondation Macif et auquel participe Macif Centre de Voile, dans le cadre de leur partenariat (lire à ce sujet l’interview d’Emmanuel Soulias, pilote du partenariat au groupe Macif) : « nous avons été agréablement surpris en constatant à quel point la Macif était investie dans le secteur maritime mais aussi dans le développement durable. Nous avons été très heureux de vous associer à notre projet. Sur le plan humain, la transparence et la sincérité ont été les atouts de cette collaboration » souligne Hervé La Prairie.
Une collaboration qui illustre, en quelque sorte, la marque de fabrique du Réseau EcoNav : fédérer les acteurs du monde maritime et mutualiser leurs compétences pour promouvoir une navigation responsable, écologique et durable.
Pour en savoir plus : www.econav.org
Photo, ci-dessus : le P’tit mousse. Ce bateau de pêche est équipé de voiles. Une économie de 20% de gasoil pour son propriétaire, Jean-Luc Pelloquin, patron pêcheur de Douarnenez. Fondation Macif
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