En novembre dernier, la Fondation Macif remettait à Féminin Technique, une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) installée en Bourgogne, le Prix spécial de son concours annuel. Le thème 2008 portait sur la diversité ethnique et l’emploi dans l’économie sociale. À cette occasion, nous avons rencontré Émilie Mallet qui, à seulement 27 ans, est intarissable sur la question de l’égalité professionnelle et de la mixité. Mais pour elle, ce ne sont pas que des mots : c’est aussi une réalité qu’elle côtoie au quotidien dans son travail avec les femmes qu’elle accompagne dans leur insertion professionnelle. Après un IUP Management de l’éducation et de la formation, puis un DESS Psychologie du travail, cette jeune Dijonnaise, qui se destinait à travailler dans l’insertion, effectue plusieurs stages avant de décrocher en février 2006 son « premier vrai emploi », comme chargée de mission à Féminin Technique* (FETE).
La création, en 1991, de Féminin Technique partait du constat que les femmes étaient peu favorisées dans les métiers techniques. Son ambition : ouvrir les postes dits "masculins" (industrie, bâtiment…) aux femmes afin de promouvoir l’égalité et la mixité professionnelles. Féminin Technique agit sur deux axes : elle s’adresse aux femmes et sensibilise les partenaires de l’emploi. De fait, la SCIC organise des actions en direction des jeunes filles dans les établissements scolaires et met sur pied des rencontres entre des femmes en recherche d’emploi et des entreprises.
Depuis 2005, Féminin Technique s’est lancée dans une démarche en faveur des femmes issues de l’immigration, encore plus pénalisées (lire encadré). « Nous avons pris conscience à FETE qu’il y avait un important travail à mettre en œuvre pour les femmes issues de l’immigration, mais aussi immigrées. D’autant plus dans un contexte en tension, alors que les émeutes avaient éclaté dans les banlieues, explique Émilie Mallet. C’est un travail de longue haleine. L’idée originale et innovante a été de mettre en place une méthodologie qui mobilise les femmes. Au-delà de la recherche d’emploi pure et dure, nous réalisons un travail de fond. Les femmes issues de l’immigration se mettent elles-mêmes des freins et ont du mal à trouver leur place. » À Dijon, sur un objectif de 30 placements, FETE l’a dépassé avec 31 femmes recrutées (CDD ou CDI) ou en formation.
Après Dijon, Féminin Technique (subventionnée par le Fonds social européen, l’Acsé, le Conseil régional, la Délégation régionale aux droits des femmes) a multiplié le programme d’actions à Chalon-sur-Saône et Auxerre. Une nouvelle antenne doit aussi voir le jour à Nevers très prochainement. Le Prix spécial, décerné par la Fondation Macif, a été un « cadeau de Noël » pour Féminin Technique. Sa démarche a d’autant été appréciée qu’elle met en avant des femmes actives. * Pour en savoir plus, consultez le site www.feminin-technique.com
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