1990, Jean-Guy Henckel, travailleur social, recherche des alternatives permettant l’insertion professionnelle de personnes exclues de l’emploi. L’agriculture est une piste. S’y installer coûte cher. La solution ? Associer insertion et agriculture biologique. Le premier Jardin de Cocagne est né, dans l’Est de la France, et, pendant une quinzaine d’années, ce mode de production et de distribution de paniers de légumes bio à des adhérents-consommateurs, par des salariés en insertion, restera le seul et unique dans le pays.
2010 : 110 jardins fonctionnent sous l’appellation Cocagne. Un succès dont semble encore s’étonner son fondateur : « Historiquement, le premier jardin n’avait aucune vocation à se dupliquer ailleurs. Il était là pour régler un problème local. » C’est que l’initiative a mis le doigt sur une demande exponentielle : du bio et du local. A tel point qu’aujourd’hui la production ne suffit plus à répondre à la demande : « Rien qu’en Ile-de-France, on estime à plusieurs milliers le nombre de personnes intéressées par notre système », là où seulement 5% des fruits et légumes bios consommés sont produits dans la région.
Le Réseau Cocagne se positionne alors sur une autre échelle, celle du plateau de Saclay, à Vauhallan. Un véritable territoire stratégique, où sont installés écoles prestigieuses, centres de recherche et développement de grandes entreprises mais aussi une communauté de sœurs bénédictines. Celle-ci a confié 18 hectares au Réseau Cocagne pour créer sa future exploitation, capable de produire 1000 paniers par semaine, mais aussi pour y installer leur siège national avec un centre de formation pour les encadrants techniques, des salles de séminaires et un restaurant. L’insertion entre ainsi dans le monde de la production à grande échelle.
2011 annonce donc une nouvelle ère pour le réseau Cocagne mais aussi un nouveau modèle économique et social pour l’agriculture biologique. Ce modèle, Jean-Guy Henckel y croit : « En consommant autrement et en développant des organisations différentes, nous démontrons et prouvons que l’on peut faire les choses en grand, tout en conservant sa vocation sociale et écologique originelle. »
Pour plus d’informations :
www.reseaucocagne.asso.fr et l’interview de Jean-Guy Henckel, directeur national du réseau Cocagne en ligne sur le site de la Fondation