Association Petit à Petit

Après avoir reçu le Prix régional en Provence Méditerranée, l’association Petit à Petit a obtenu le 27 novembre le Prix national du concours Fondation Macif 2008. Pourquoi et comment cette structure a t-elle été sélectionnée ? Retour sur un parcours exemplaire, avec des acteurs motivés.

Un hasard... Voilà comment Anne Drilleau, chargée de projet au sein de l’association arlésienne Petit à Petit, résume son inscription au concours "Économie sociale, diversité ethnique et emploi" lancé par la Fondation Macif en avril dernier. « Pour être honnête, je ne connaissais pas la Fondation Macif, dit-elle. C’est une association partenaire qui m’a parlé de ce concours. Je suis allée jeter un coup d’œil sur le site Internet : les critères de participation correspondaient à notre ambition et au travail que nous menons au quotidien avec les gitans d’Arles pour leur permettre d’accéder à l’emploi. J’ai donc décidé d’envoyer un dossier », reçu directement par Daniel Mayer, correspondant Fondation pour la région Provence Méditerranée. « Concours ou pas, cet exemple est emblématique de la façon dont les actions de la Fondation se diffusent sur le terrain de l’économie sociale, précise-t-il. Pour l’essentiel, la mission des onze correspondants régionaux consiste à tisser, puis à entretenir, des liens avec des têtes de réseau, comme les Chambres régionales de l’économie sociale (Cres), qui elles-mêmes sont en connexion avec d’autres partenaires, et ainsi de suite... Au final, les rencontres se font souvent par capillarité et relèvent moins du hasard qu’il n’y paraît, mais plutôt d’un important travail de fond et de proximité. »

Un projet local exemplaire

Chaque année, le concours s’appuie donc d’abord sur le travail des correspondants Fondation en région. « Ce sont eux, en effet, qui ont la charge de diffuser l’information via leurs carnets d’adresses, de collecter les dossiers, de constituer leur propre jury pour élire le lauréat régional, détaille Roselyne Sérac, chargée de mission Fondation au national et pilote du concours. En région Provence Méditerranée, ce sont ainsi une vingtaine de dossiers que le jury a eu à analyser. Il était composé de trois délégués des sociétaires de la Macif et de cinq personnalités extérieures, venues par exemple de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) ou de l’Université de la Méditerranée à Marseille. « Cette année, la thématique retenue, la prévention des discriminations à l’emploi qui touchent les populations issues de l’immigration, était difficile, reconnaît Alain Philippe, président de la Fondation Macif. Mais c’est un sujet sur lequel nous travaillons depuis huit ans maintenant, notamment au sein du Pôle européen des fondations de l’économie sociale, que la Fondation Macif préside. Et nous savons que les structures de l’économie sociale sont loin d’être parfaites en la matière, même si elles se pensent "génétiquement" à l’abri de pratiques discriminatoires. En récompensant des associations comme Petit à Petit ou Féminin Technique (lire encadré), nous espérons favoriser l’essaimage de telles pratiques. » Et Daniel Mayer d’ajouter, « nous avons reçu moins de dossiers qu’en 2007, mais tous les membres de mon jury ont été impressionnés par la qualité des projets. Et tous ont été unanimes pour dire que celui de l’association Petit à Petit était exemplaire aussi bien par son ancrage local que par les moyens mis en œuvre. »

Une démarche fédératrice

Petit à Petit, c’est avant tout l’histoire d’un territoire, celui de la Zone urbaine sensible (ZUS) de Barriol à Arles, et d’une communauté, celle des gitans, qui compte environ 200 personnes dont 95 % des adultes sont Rmistes. « Longtemps en caravanes, ils sont aujourd’hui hébergés dans des logements en dur, explique Anne Drilleau. Mais de part et d’autre, les préjugés restent tenaces : les uns conservant leurs traditions et leurs distances avec le reste de la population ; les autres, les observant d’un regard inquiet et parfois négatif. D’où l’idée de réunir tout le monde, gitans, acteurs institutionnels et professionnels locaux pour comprendre les problématiques de chacun et proposer des solutions en terme d’emploi.  » Et même si aujourd’hui rien n’est encore joué, les efforts conjugués commencent à porter leurs fruits... Le coup de pouce financier apporté, à la fois par le prix régional (5 000 €) puis national (10 000 €), devrait permettre d’aller plus loin. « Ces récompenses nous réchauffent le cœur, poursuit Anne Drilleau. Nous faisons un travail de terrain souvent difficile et cette reconnaissance nous encourage dans nos convictions. Quant aux 15 000 €, ils vont nous aider à pérenniser un emploi de médiatrice, créé en 2008, mais aussi à étendre notre action sur Tarascon, une commune limitrophe avec une forte population gitane catalane et andalouse, et aussi à mener des actions complémentaires sur la scolarité, la notion de parentalité, etc. » Et Daniel Mayer de conclure : « Au delà de l’aspect financier, les aides apportées par la Fondation Macif, dans le cadre de son concours ou de ses actions régionales, permettent souvent un effet de levier. Le fait que la Fondation s’engage pour un projet est une garantie sérieuse pour d’autres acteurs, qu’ils soient publics ou privés. »

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